Cycle menstruel, fertilité et SPM : ce que notre corps nous raconte
Le cycle menstruel ne se résume pas aux règles. Tout au long du mois, les variations hormonales influencent la glaire cervicale, la température corporelle, mais également l’énergie, l’humeur, le sommeil, la digestion, la peau ou encore l’appétit.
Apprendre à observer son cycle permet de mieux comprendre son corps, de repérer sa période fertile et parfois de mettre en évidence certains déséquilibres.
L’alimentation, les micronutriments et certaines plantes peuvent également accompagner les différentes phases du cycle et soutenir le bien-être féminin.
Comprendre les différentes phases du cycle
Un cycle menstruel comporte plusieurs étapes.
Les règles : le début d’un nouveau cycle
Le premier jour des règles correspond au premier jour du cycle.
Les menstruations durent généralement quelques jours. Leur durée, leur abondance, leur couleur ainsi que la présence de douleurs sont des informations intéressantes à observer.
Des règles très abondantes ou prolongées, des douleurs importantes ou des saignements inhabituels méritent cependant une évaluation médicale afin d’exclure notamment une endométriose, un fibrome, un polype ou une autre cause gynécologique.
Après les règles, il peut également être intéressant de veiller aux apports alimentaires en fer, particulièrement lorsque les menstruations sont abondantes : viande si elle est consommée, légumineuses, lentilles, légumes verts, graines, fruits à coque, associés à une source de vitamine C pour favoriser l’absorption du fer végétal.
Une supplémentation en fer ne devrait cependant pas être systématique : elle est idéalement adaptée aux besoins individuels et au bilan biologique.
La phase préovulatoire : les œstrogènes augmentent
Après les règles, plusieurs follicules commencent leur maturation et les œstrogènes augmentent progressivement.
Cette évolution hormonale peut se manifester par différents signes : davantage d’énergie, une modification de la libido et surtout l'apparition progressive de la glaire cervicale.
Au début, la sensation vulvaire peut être sèche ou neutre. Puis la glaire devient progressivement plus présente, humide, crémeuse et parfois transparente, étirable et glissante à l’approche de l’ovulation.
Observer quotidiennement ces changements permet de mieux comprendre sa propre physiologie.
La durée de cette première partie du cycle est variable. Le stress, une maladie, des changements de rythme, une restriction alimentaire importante ou une activité physique très intense peuvent notamment influencer le moment de l’ovulation.
C’est d’ailleurs souvent cette première partie du cycle qui explique qu’un cycle soit ponctuellement plus long.
La glaire cervicale : un indicateur précieux de fertilité
La glaire cervicale est produite sous l’influence des œstrogènes.
Autour de la période fertile, elle devient généralement plus abondante et plus favorable au déplacement et à la survie des spermatozoïdes.
Son observation ne consiste pas uniquement à regarder les sécrétions sur le papier toilette. La sensation ressentie au niveau vulvaire – sèche, humide ou glissante – apporte également des informations.
On peut ainsi noter chaque jour :
la sensation : sèche, neutre, humide ou glissante ;
l'aspect des sécrétions ;
leur couleur et leur consistance ;
les changements par rapport à la veille.
L’association de l’observation de la glaire à la température basale permet d’obtenir une vision beaucoup plus complète du cycle.
Et la température ?
Avant l’ovulation, la température basale est généralement plus basse.
Après l’ovulation, la production de progestérone entraîne une augmentation de la température. Celle-ci reste ensuite plus élevée pendant la phase lutéale avant de redescendre à l’approche des règles en l’absence de grossesse.
La température permet donc surtout de confirmer a posteriori qu’un changement hormonal compatible avec une ovulation a probablement eu lieu.
Une température qui reste dans une phase basse sans décalage thermique identifiable peut justifier une observation sur plusieurs cycles et, selon le contexte, une évaluation médicale.
La phase lutéale : le temps de la progestérone
Après l’ovulation commence la phase lutéale.
Le corps jaune produit alors principalement de la progestérone. Cette hormone prépare notamment l’endomètre à une éventuelle implantation.
Cette deuxième partie du cycle est généralement plus stable que la phase préovulatoire.
C’est aussi pendant cette période que certaines femmes constatent davantage de symptômes :
fatigue, seins sensibles, rétention d’eau, constipation, migraines, envies de sucre, irritabilité, anxiété, hypersensibilité émotionnelle, troubles du sommeil ou poussées d’acné.
Lorsque ces manifestations deviennent suffisamment importantes pour perturber le quotidien, on parle de syndrome prémenstruel (SPM).
Pourquoi le SPM peut-il toucher autant de systèmes ?
Les hormones sexuelles n’agissent pas uniquement sur les ovaires et l’utérus.
Leurs variations peuvent également influencer le système nerveux, le transit intestinal, la rétention hydrique, la peau ou encore le sommeil.
C'est pourquoi certaines femmes remarquent, selon leur propre cycle :
davantage de constipation après l’ovulation puis parfois des selles plus fréquentes juste avant ou pendant les règles ;
une sensibilité des seins ;
une peau plus sèche ou, au contraire, davantage d’acné ;
des migraines autour de l’ovulation ou avant les règles ;
des envies de sucre et une augmentation de l’appétit ;
de la nervosité ou de l’anxiété ;
une plus grande sensibilité émotionnelle ;
une sensation de gonflement ;
des difficultés d’endormissement.
Tenir un journal sur deux ou trois cycles permet souvent de faire apparaître des schémas qui passent autrement inaperçus.
L’alimentation peut-elle influencer le cycle et le SPM ?
L’objectif n’est pas de suivre un « régime hormonal », mais d’apporter suffisamment de nutriments à l’organisme pour soutenir la production hormonale, le système nerveux et la fertilité.
Une alimentation variée comprenant des légumes, des protéines de qualité, des légumineuses, des fruits à coque, des graines et de bonnes sources de lipides constitue une bonne base.
Les oméga-3 EPA et DHA sont particulièrement intéressants dans le cadre d'une alimentation équilibrée. Les poissons gras en constituent une source importante.
Le magnésium intervient dans de nombreuses réactions enzymatiques et dans le fonctionnement du système nerveux.
La vitamine B6 participe notamment au métabolisme énergétique et au fonctionnement neurologique.
Le zinc, le sélénium et les folates (vitamine B9) jouent également un rôle important dans la reproduction et deviennent particulièrement intéressants lorsque l'on prépare une grossesse.
En période préconceptionnelle, les besoins nutritionnels méritent donc une attention particulière, aussi bien chez la femme que chez l’homme.
Douleurs de règles : regarder aussi l’alimentation
Les prostaglandines participent aux contractions utérines et au processus inflammatoire associé aux menstruations.
Chez une personne souffrant de règles douloureuses, il peut être intéressant de travailler plus largement sur l’équilibre alimentaire : davantage de légumes et de sources d’oméga-3, suffisamment de fibres et une alimentation globalement peu transformée.
Plutôt que d'interdire systématiquement certains aliments, l'approche peut être individualisée selon les symptômes et la tolérance digestive.
Et le gluten ou les produits laitiers ?
Il n’est pas nécessaire de supprimer systématiquement le gluten ou les produits laitiers pour améliorer son cycle.
En revanche, lorsqu’une personne présente parallèlement des troubles digestifs, une maladie cœliaque, une intolérance ou une sensibilité identifiée, l’alimentation mérite d’être explorée plus précisément.
Une éviction alimentaire prolongée sans raison claire peut au contraire compliquer l’équilibre nutritionnel.
L’objectif reste donc de comprendre le terrain de chaque personne plutôt que d'appliquer le même régime à toutes les femmes.
Les plantes : accompagner les différentes phases du cycle
La phytothérapie permet également d’individualiser l’accompagnement.
Certaines plantes sont traditionnellement utilisées selon le terrain et les manifestations observées.
L’achillée millefeuille (Achillea millefolium) est par exemple traditionnellement associée à la sphère gynécologique et menstruelle.
L’alchémille (Alchemilla vulgaris) est également une plante traditionnellement utilisée dans l’accompagnement du cycle féminin.
La mélisse (Melissa officinalis) peut être intéressante lorsqu’une composante nerveuse ou digestive accompagne le SPM.
L’huile d’onagre, source d’acide gamma-linolénique (GLA), est parfois utilisée dans l’accompagnement de certains symptômes prémenstruels.
Le choix d’une plante dépend toutefois du type de cycle, des symptômes, des traitements médicamenteux, des antécédents et d’un éventuel désir de grossesse. Certaines plantes sont par ailleurs déconseillées pendant la grossesse ou avec certains médicaments.
La phytothérapie doit donc rester individualisée.
Favoriser une conception : observer avant de vouloir contrôler
Lorsqu’un couple souhaite concevoir un enfant, connaître la période fertile peut être beaucoup plus utile que de se fier uniquement à une application qui estime l’ovulation à partir de la durée moyenne des cycles.
L’observation de la glaire cervicale et de la température basale permet de mieux comprendre ce qui se passe réellement au cours du cycle.
L’alimentation et le statut micronutritionnel peuvent parallèlement être évalués : folates, vitamine B12, fer, zinc, vitamine D, iode ou encore oméga-3 selon la situation.
Chez l’homme également, l’alimentation, le mode de vie, le tabac, l’alcool, certaines expositions environnementales et une chaleur excessive au niveau testiculaire peuvent influencer la qualité spermatique.
La fertilité est donc une question de couple et ne devrait pas reposer uniquement sur la femme.
Le cycle comme véritable indicateur de santé
Observer son cycle, ce n’est finalement pas seulement savoir quand arrivent les prochaines règles.
C’est apprendre à reconnaître un ensemble de signaux :
la glaire cervicale, la température, les menstruations, mais aussi l’énergie, le sommeil, le transit, la peau, les seins, l’appétit, les migraines, l’humeur et la libido.
Lorsque ces observations sont mises en relation sur plusieurs mois, elles donnent une vision beaucoup plus riche du fonctionnement de l’organisme.
En consultation naturopathique, cette lecture du cycle peut ensuite être associée à l’anamnèse, à l’alimentation, à la micronutrition et à la phytothérapie afin de proposer un accompagnement individualisé.
L’objectif n’est pas d’obtenir un cycle « parfait », mais de mieux comprendre son propre rythme, de reconnaître les changements inhabituels et de savoir quand un bilan médical complémentaire est nécessaire.
À retenir
Le cycle menstruel est un processus dynamique qui reflète l’interaction entre les hormones, le système nerveux, le métabolisme, l’alimentation et le mode de vie.
Mieux observer son cycle permet de mieux comprendre sa fertilité, mais aussi certains symptômes comme les douleurs menstruelles, les troubles digestifs, les migraines, les changements d’humeur ou le syndrome prémenstruel.
Et parfois, avant même de chercher à « corriger les hormones », la première étape consiste simplement à apprendre à écouter ce que le cycle nous raconte.











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