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Cycle menstruel, fertilité et SPM : ce que notre corps nous raconte

26 sept.
8 min de lecture

Observer son cycle pour mieux comprendre ses hormones, sa fertilité et l’influence de l’alimentation, du foie et du microbiote

Et si, avant de vouloir « équilibrer ses hormones », on commençait simplement par observer son cycle ?

Le corps féminin ne fonctionne pas de manière identique tous les jours du mois. Les œstrogènes et la progestérone évoluent au fil du cycle et, avec eux, peuvent changer la glaire cervicale, la température, l’énergie, la digestion, la peau, le sommeil, l’humeur, les seins, les migraines ou encore l’appétit.

Apprendre à reconnaître ces changements permet de mieux comprendre sa fertilité, mais également certains symptômes prémenstruels.

Cette observation prend aussi tout son sens lorsqu’on s’intéresse à l’alimentation et à la phytothérapie : selon le terrain et l’objectif recherché, certaines plantes ne se prennent pas nécessairement pendant tout le cycle.

Comprendre où l’on se trouve dans son cycle permet ainsi de proposer un accompagnement beaucoup plus individualisé et respectueux de la physiologie féminine.


Observer son cycle avant de chercher à le modifier

Une application peut calculer une date probable d’ovulation, mais elle ne peut pas savoir avec certitude ce qui se passe dans le corps.

L’observation de la glaire cervicale et de la température basale apporte des informations beaucoup plus personnelles.

Avant l’ovulation, sous l’influence des œstrogènes, la glaire cervicale évolue généralement d’une sensation sèche ou neutre vers une sensation plus humide, puis parfois glissante, avec une glaire plus transparente et étirable.

Après l’ovulation, la progestérone entraîne normalement une élévation de la température basale.

On peut ainsi apprendre progressivement à identifier :

  • ses menstruations ;

  • sa phase préovulatoire ;

  • l'apparition et l'évolution de la glaire ;

  • son jour « pic » de glaire ;

  • le décalage thermique suivant l’ovulation ;

  • sa phase lutéale ;

  • l'apparition éventuelle de symptômes prémenstruels.

L’objectif n’est pas de devenir obsédée par son cycle, mais au contraire de mieux connaître son propre fonctionnement.

Pourquoi cette observation est-elle importante avec les plantes ?

Parce qu’une plante destinée à accompagner la deuxième partie du cycle ne devrait pas automatiquement être commencée au 14e jour.

Toutes les femmes n’ovulent pas au 14e jour.

Et chez une même femme, l’ovulation peut se décaler d’un cycle à l’autre, notamment sous l’influence du stress, d’une maladie, d’un voyage ou d’un changement important de rythme.

Dans l’approche enseignée lors de notre formation, les plantes destinées à soutenir la phase lutéale ne sont pas utilisées tant que l’ovulation n’est pas confirmée.

Elles peuvent notamment être commencées à partir du soir de “pic de glaire +3”, ou le 4e matin, ou dès l’apparition des symptômes selon l’objectif recherché.

C’est une différence fondamentale entre une phytothérapie standardisée et un accompagnement véritablement individualisé au cycle féminin.

Œstrogènes et progestérone : rechercher l’équilibre

Les œstrogènes ne sont pas de « mauvaises hormones ».

Ils sont indispensables à la fertilité, aux os, au cerveau, au système cardiovasculaire, aux muqueuses et à de nombreuses autres fonctions.

La question est plutôt celle de leur équilibre avec la progestérone et de leur métabolisme.

Lorsque le terrain évoque une exposition œstrogénique importante

Le foie joue un rôle central dans la transformation des œstrogènes.

On distingue notamment plusieurs voies métaboliques produisant des métabolites appelés 2-OH, 4-OH et 16-OH.

Dans l’approche fonctionnelle étudiée en formation, on cherche à favoriser la voie 2-OH, considérée comme plus favorable, et à tempérer une orientation excessive vers les voies 4-OH et 16-OH.

Plusieurs facteurs nutritionnels peuvent accompagner ce métabolisme.

Les crucifères : une famille à mettre régulièrement dans l’assiette

Brocoli, chou kale, chou-fleur, choux de Bruxelles, chou rouge, chou blanc, roquette, radis, navet ou cresson : toute la famille des crucifères est intéressante.

Mais le brocoli – et particulièrement les jeunes pousses de brocoli – mérite une attention particulière.

Les crucifères contiennent des glucosinolates à partir desquels sont formés différents composés bioactifs.

Parmi eux se trouvent notamment les précurseurs de l’indole-3-carbinol (I3C), à partir duquel peut être formé le DIM – diindolylméthane.

Le brocoli apporte également de la glucoraphanine, précurseur du sulforaphane.

Le DIM et la voie métabolique des œstrogènes

Le DIM est étudié pour son influence sur le métabolisme des œstrogènes.

Dans l’approche présentée lors de notre formation, il est notamment utilisé afin de favoriser l’orientation du métabolisme vers la voie 2-OH.

Une supplémentation de l’ordre de 100 mg de DIM par jour peut être utilisée selon le terrain et après évaluation individuelle.

Mais avant de penser complément alimentaire, pensons alimentation : introduire régulièrement différentes crucifères constitue déjà une excellente habitude.

Comment préparer le brocoli ?

La façon dont nous préparons le brocoli influence certains de ses composés.

Lorsque le brocoli est coupé ou mâché, une enzyme appelée myrosinase entre en contact avec les glucosinolates et participe à la formation de composés bioactifs, notamment le sulforaphane.

La myrosinase étant sensible à la chaleur, mieux vaut éviter de faire bouillir longuement le brocoli.

Une façon simple de le préparer consiste à le couper, le laisser reposer environ 30 à 40 minutes, puis le cuire rapidement à la vapeur en le gardant légèrement croquant.

On peut ensuite ajouter huile d’olive, citron, graines de courge et un peu de moutarde ou de roquette crue.

Simple, bon et intéressant sur le plan nutritionnel.

Du foie à l’intestin : le voyage des œstrogènes continue

Le travail ne s’arrête pas au foie.

Après leur transformation, certains métabolites des œstrogènes sont conjugués puis éliminés notamment par la bile avant d’arriver dans l’intestin.

C’est là que le microbiote entre en scène.

Certaines bactéries intestinales produisent une enzyme appelée bêta-glucuronidase. Celle-ci peut déconjuguer certains œstrogènes destinés à être éliminés et permettre leur réabsorption.

On appelle parfois œstrobolome l’ensemble des microorganismes intestinaux et de leurs gènes susceptibles d’intervenir dans le métabolisme des œstrogènes.

Cela crée un véritable dialogue :

œstrogènes → foie → bile → intestin → microbiote → élimination ou réabsorption.

Calcium-D-glucarate : soutenir l’élimination

Le calcium-D-glucarate est utilisé dans certaines approches nutritionnelles pour son influence sur la bêta-glucuronidase.

L’objectif est de soutenir l’élimination intestinale des métabolites hormonaux plutôt que leur déconjugaison et leur remise en circulation.

Dans l’approche présentée en formation, des apports de l’ordre de 1 à 1,5 g par jour peuvent être utilisés.

On peut donc comprendre la complémentarité recherchée :

DIM → soutien d’une voie favorable du métabolisme des œstrogènes

Foie et flux biliaire → transformation et élimination

Calcium-D-glucarate → soutien de l’élimination intestinale

Fibres + microbiote + transit régulier → environnement intestinal favorable

Soutenir le foie et la bile

En phytothérapie, différentes plantes peuvent accompagner les fonctions hépatiques, biliaires et digestives selon le terrain.

Parmi elles :

le chardon-Marie (Silybum marianum), l’artichaut (Cynara), le pissenlit (Taraxacum officinale) et la fumeterre (Fumaria officinalis).

Le choix dépend cependant de la personne et de ses antécédents. Les plantes agissant sur la sphère biliaire ne conviennent notamment pas à toutes les pathologies biliaires.

Et si la deuxième partie du cycle manque de soutien ?

Après l’ovulation, la progestérone devient l’une des hormones dominantes.

Lorsque la phase lutéale est courte ou que des symptômes apparaissent pendant cette période, plusieurs plantes sont traditionnellement utilisées.

Gattilier – Vitex agnus-castus

Aussi appelé « poivre des moines », le gattilier est l’une des principales plantes utilisées dans l’accompagnement du cycle féminin.

Les parties utilisées sont notamment les fruits.

Dans l’approche phytothérapeutique enseignée en formation, le gattilier est présenté pour son action progestérone-like et antiprolactine.

Il peut être proposé sous différentes formes, notamment comprimés ou teinture mère.

Alchémille – Alchemilla vulgaris

Surnommée « manteau des dames », l’alchémille est une grande plante traditionnelle de la sphère féminine.

Les feuilles et parties aériennes sont utilisées.

Parmi les formes enseignées :

Teinture mère : 30 gouttes, 3 fois par jour

ou

EPS : 1 cuillère à café par jour.

Achillée millefeuille – Achillea millefolium

L’achillée est traditionnellement utilisée pour ses propriétés antispasmodiques, notamment lors de tensions et contractures utérines, ainsi que pour ses propriétés anti-inflammatoires et hémostatiques.

Elle peut être utilisée en tisane ou sous forme de teinture mère.

Dans le protocole étudié :

Teinture mère : 20 gouttes par jour.

Grémil et Yam

Le grémil et le Yam trouvent également leur place dans certaines approches phytothérapeutiques de la deuxième partie du cycle.

Le choix entre gattilier, alchémille, achillée, grémil ou Yam dépend cependant du terrain et de l’objectif recherché.

Et surtout : on ne traite pas un numéro de jour sur un calendrier.

On observe d’abord le cycle et l’ovulation avant de déterminer le moment approprié.

L’inflammation digestive peut-elle retentir sur le cycle ?

Le système digestif et l’appareil génital féminin ne fonctionnent pas indépendamment.

Le microbiote, le système immunitaire, le foie et les hormones communiquent en permanence.

Une dysbiose, une perturbation de la barrière intestinale, une hypochlorhydrie ou une inflammation digestive peuvent donc faire partie du terrain global à considérer lorsqu’une femme présente parallèlement des troubles du cycle.

Cela prend une importance particulière dans certaines problématiques gynécologiques à composante inflammatoire, comme l’endométriose.

L’objectif n’est pas d’affirmer que « l’intestin provoque l’endométriose », mais de prendre en considération le terrain inflammatoire dans son ensemble.

Réduire la charge inflammatoire

Plusieurs facteurs de mode de vie peuvent favoriser un environnement inflammatoire :

tabagisme, consommation importante d’alcool, excès de sucres, sédentarité, stress chronique, manque de sommeil et certaines expositions environnementales.

Du côté de l’alimentation, une consommation importante de produits ultra-transformés et de graisses de mauvaise qualité mérite également d’être limitée.

Pour le blé et les produits laitiers de vache, l’approche doit rester individualisée : leur suppression systématique n’est pas nécessaire chez toutes les femmes. En présence de symptômes digestifs, une éviction temporaire encadrée peut éventuellement permettre d’évaluer la tolérance individuelle.

À l’inverse, on peut favoriser :

oméga-3 EPA/DHA, légumes variés, crucifères, fibres, magnésium, zinc et aliments riches en polyphénols.

En phytothérapie, le curcuma ou la reine-des-prés peuvent être envisagés selon le terrain et les contre-indications.

Les huiles d’onagre et de bourrache, sources d’acide gamma-linolénique (GLA), sont également utilisées dans l’accompagnement de certains symptômes prémenstruels.

Histamine et hormones : un lien encore méconnu

Certaines femmes constatent des migraines, démangeaisons, rougeurs, troubles digestifs ou manifestations de type allergique qui varient au cours du cycle.

Cela peut parfois amener à explorer la piste de l’histamine.

Il existe en effet des interactions entre les hormones sexuelles, les mastocytes et le métabolisme de l’histamine.

Les œstrogènes peuvent influencer l’activité des mastocytes, cellules capables de libérer de l’histamine.

Inversement, l’histamine peut également interagir avec la physiologie hormonale.

La DAO – diamine oxydase est l’une des principales enzymes permettant de dégrader l’histamine alimentaire au niveau intestinal. Plusieurs facteurs peuvent modifier son activité et la tolérance à l’histamine.

On parle donc davantage d’une interaction bidirectionnelle que d’une simple relation de cause à effet.

Quels symptômes peuvent attirer l’attention ?

Une composante histaminique peut notamment être explorée lorsqu’on observe :

  • migraines influencées par certains aliments et variant avec le cycle ;

  • urticaire ou prurit avant les règles ;

  • rougeurs ou bouffées de chaleur ;

  • troubles digestifs ;

  • aggravation prémenstruelle de manifestations allergiques ;

  • symptômes clairement associés à certains aliments riches en histamine.

Un symptôme isolé ne permet cependant pas de diagnostiquer une intolérance à l’histamine.

Tester plutôt qu’interdire définitivement

Lorsqu’une composante histaminique est réellement suspectée, une alimentation pauvre en histamine peut éventuellement être testée temporairement, par exemple pendant 4 à 6 semaines, avant une réintroduction progressive.

L’objectif n’est pas de maintenir une alimentation extrêmement restrictive sur le long terme.

Pendant cette période, on privilégie particulièrement les aliments frais et peu transformés.

Selon la tolérance individuelle, les aliments très riches en histamine ou susceptibles de poser problème peuvent comprendre notamment :

alcool, vin, bière, fromages affinés, charcuteries, certains produits fermentés, chocolat ainsi que poissons et fruits de mer lorsqu’ils ne sont pas parfaitement frais.

La fraîcheur des aliments devient alors particulièrement importante.

Observer avant d'agir

Le fil conducteur reste finalement très simple :

observer → comprendre → individualiser.

À quel moment apparaissent les migraines ?

Les seins deviennent-ils douloureux avant ou après l’ovulation ?

La constipation apparaît-elle pendant la phase lutéale ?

Les troubles digestifs augmentent-ils avant les règles ?

Quand apparaît la glaire ?

La température confirme-t-elle l’ovulation ?

À quel moment commencent l’anxiété, les envies de sucre, les troubles du sommeil ou les symptômes cutanés ?

Noter ces informations pendant plusieurs cycles permet parfois de faire apparaître un schéma extrêmement parlant.

Et cela change également notre façon d'utiliser la phytothérapie.

Plutôt que de prendre les mêmes plantes du premier au dernier jour du mois, nous pouvons chercher à respecter la physiologie et les différentes phases du cycle féminin.

Le cycle devient alors non seulement un indicateur de fertilité, mais également un formidable outil d’observation de la santé féminine.

Cet article est proposé à titre informatif et ne remplace pas un diagnostic ou un traitement médical. Les troubles importants du cycle, l’endométriose, les fibromes, les saignements inhabituels, l’infertilité ou les symptômes persistants nécessitent une évaluation médicale. Les plantes et compléments alimentaires doivent être individualisés, particulièrement en cas de traitement médicamenteux, de désir de grossesse, de grossesse ou d’allaitement.



 
 
 

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