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Myo-inositol et sélénium : deux micronutriments au cœur de la fertilité et de l’équilibre hormonal

26 sept.
6 min de lecture

Myo-inositol et sélénium : deux micronutriments au cœur de la fertilité et de l’équilibre hormonal

Insuline, ovulation, thyroïde, stress oxydatif et fertilité : pourquoi ces deux nutriments suscitent-ils autant d’intérêt ?

Lorsqu’on parle de fertilité et d’équilibre hormonal, on pense souvent en premier lieu aux œstrogènes et à la progestérone.

Pourtant, derrière ces hormones se trouvent de nombreux mécanismes : sensibilité à l’insuline, fonctionnement ovarien, thyroïde, production d’énergie et protection des cellules contre le stress oxydatif.

Deux nutriments sont particulièrement intéressants dans ce contexte : le myo-inositol et le sélénium.

Ils n’ont pas la même fonction, mais permettent de comprendre à quel point métabolisme, hormones et fertilité sont intimement liés.

Le myo-inositol : bien plus qu’un complément pour le SOPK

Le myo-inositol est une substance naturellement présente dans notre organisme et dans certains aliments.

Il intervient notamment dans les membranes cellulaires et dans les mécanismes permettant aux cellules de transmettre des informations.

On peut l’imaginer comme participant au système de « messagerie » de nos cellules.

Cette fonction devient particulièrement intéressante lorsqu’on s’intéresse à l’insuline.

Insuline et ovaires : quel rapport ?

L’insuline ne sert pas uniquement à gérer le sucre sanguin.

Elle communique également avec les ovaires.

Lorsque les cellules deviennent moins sensibles à son message, l’organisme doit produire davantage d’insuline pour obtenir le même effet. On parle alors d’insulinorésistance et d’hyperinsulinémie compensatrice.

Chez certaines femmes, particulièrement dans le contexte du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), cette situation peut participer à une augmentation de la production ovarienne d’androgènes et perturber le développement folliculaire et l’ovulation.

C’est ici que le myo-inositol devient intéressant.

Myo-inositol et sensibilité à l’insuline

Le myo-inositol participe à certaines voies de signalisation de l’insuline.

Chez les femmes présentant un SOPK, il a été étudié pour ses effets sur différents paramètres métaboliques et reproductifs.

Selon les situations, les études rapportent notamment des améliorations de certains marqueurs de sensibilité à l’insuline et de paramètres hormonaux, ainsi qu'une amélioration possible de la régularité menstruelle et de l'ovulation.

Il ne s’agit cependant pas d’un « médicament naturel pour faire ovuler ».

Toutes les femmes atteintes de SOPK n’ont pas le même profil et toutes ne présentent pas une insulinorésistance.

SOPK : ne pas regarder uniquement les ovaires

Le SOPK illustre parfaitement pourquoi une approche globale est importante.

Une femme peut présenter :

cycles longs ou irréguliers, ovulation peu fréquente, acné, pilosité plus importante, chute de cheveux, difficultés à concevoir ou perturbations métaboliques.

Mais le tableau varie énormément d’une femme à l’autre.

Il est donc intéressant d’explorer parallèlement :

cycle menstruel + ovulation + glycémie/insuline + alimentation + activité physique + sommeil + stress + thyroïde.

Le myo-inositol peut alors devenir un outil parmi d’autres, et non la totalité de l’accompagnement.

Et chez une femme sans SOPK ?

Le myo-inositol est également étudié dans d’autres contextes de fertilité et de reproduction assistée.

Son implication dans la signalisation cellulaire explique l’intérêt porté à son rôle potentiel dans la fonction ovarienne et la maturation ovocytaire.

Mais cela ne signifie pas que toutes les femmes souhaitant une grossesse doivent automatiquement prendre du myo-inositol.

Comme toujours, le contexte compte.

Le sélénium : petit oligo-élément, grandes fonctions

Le sélénium est nécessaire en quantité beaucoup plus faible que le magnésium ou le calcium.

Pourtant, son rôle est essentiel.

Il entre dans la composition de protéines appelées sélénoprotéines, impliquées notamment dans les défenses antioxydantes et le fonctionnement de la thyroïde.

Et ces deux fonctions sont directement intéressantes lorsqu’on parle de fertilité.

Sélénium et stress oxydatif

Nos cellules produisent naturellement des espèces réactives de l’oxygène.

En quantité contrôlée, elles participent au fonctionnement normal de l’organisme.

Lorsque leur production devient trop importante par rapport aux défenses antioxydantes, on parle de stress oxydatif.

Les systèmes antioxydants dépendants du sélénium participent à la protection des cellules contre ces dommages.

Cette fonction intéresse particulièrement la recherche sur la reproduction car ovocytes et spermatozoïdes sont eux aussi sensibles à leur environnement oxydatif.

Sélénium et fertilité masculine

Chez l’homme, le sélénium participe à la physiologie testiculaire et spermatique.

Il intervient notamment dans des systèmes antioxydants présents au niveau des spermatozoïdes.

Un statut nutritionnel adéquat en sélénium fait donc partie des nombreux facteurs nécessaires à une spermatogenèse normale.

Mais il existe un point essentiel :

trop peu de sélénium n’est pas souhaitable, mais trop de sélénium non plus.

La supplémentation à forte dose « au cas où » n’est donc pas une bonne stratégie.

Sélénium et thyroïde

La thyroïde est l’un des organes contenant une concentration importante de sélénium.

Pourquoi ?

Parce que plusieurs enzymes impliquées dans le métabolisme des hormones thyroïdiennes sont des sélénoprotéines.

Elles participent notamment à la conversion des hormones thyroïdiennes.

Le sélénium intervient également dans les systèmes antioxydants qui protègent les cellules thyroïdiennes.

Et quel rapport avec la fertilité ?

Un fonctionnement thyroïdien adéquat est important pour la santé reproductive.

Les hormones thyroïdiennes interagissent avec le métabolisme, le cycle menstruel et la fonction reproductive.

C’est pourquoi, lors d’un désir de grossesse, la thyroïde mérite une attention particulière lorsqu’il existe des symptômes, des antécédents thyroïdiens, des cycles perturbés ou des difficultés à concevoir.

Cela ne signifie cependant pas qu’il suffit de prendre du sélénium pour « stimuler la thyroïde ».

Une pathologie thyroïdienne nécessite un bilan médical adapté.

Où trouver naturellement du sélénium ?

On trouve du sélénium dans différents aliments :

poissons, fruits de mer, œufs, viandes et certaines céréales et graines selon leur provenance.

Les noix du Brésil sont particulièrement connues pour leur teneur élevée en sélénium.

Mais leur concentration peut varier considérablement selon le sol sur lequel elles ont poussé.

Il n’est donc pas nécessaire d’en consommer de grandes quantités quotidiennement sous prétexte qu’elles sont « bonnes pour la thyroïde ».

Avec le sélénium, l’équilibre est particulièrement important.

Myo-inositol + sélénium : pourquoi les associer ?

Ces deux nutriments travaillent sur des axes différents.

On peut résumer ainsi :

Myo-inositol

↓

Signalisation cellulaire

↓

Signalisation de l’insuline

↓

Métabolisme + fonction ovarienne

↓

Cycle et ovulation

Sélénium

↓

Sélénoprotéines

↓

Défenses antioxydantes + métabolisme thyroïdien

↓

Protection cellulaire + fonction thyroïdienne

↓

Environnement favorable à la santé reproductive

Ils ne constituent donc pas un « duo miracle pour tomber enceinte ».

Ils illustrent plutôt deux dimensions fondamentales de la fertilité : le métabolisme et la protection cellulaire.

Et l’alimentation ?

Avant les compléments, l’assiette reste la base.

Pour soutenir la sensibilité à l’insuline, on peut privilégier des repas comprenant :

légumes + protéines + bonnes graisses + glucides de qualité riches en fibres.

Les protéines au petit-déjeuner peuvent également être intéressantes chez certaines personnes afin d’éviter de commencer la journée avec une charge glucidique importante.

Activité physique, sommeil et gestion du stress jouent également un rôle majeur dans la santé métabolique.

Pour les défenses antioxydantes, la diversité est essentielle : légumes colorés, fruits, herbes aromatiques, épices, noix, graines, huile d’olive et poissons apportent une multitude de composés complémentaires.

Où trouver naturellement du myo-inositol ?


Le myo-inositol est naturellement présent dans notre alimentation, notamment dans les légumineuses, les céréales complètes, les fruits à coque, les graines ainsi que certains fruits comme les agrumes et le melon. Une alimentation végétale variée et peu raffinée contribue ainsi naturellement aux apports en inositol.

Fertilité : penser en termes de terrain plutôt que de complément miracle

La fertilité est le résultat d’un équilibre extrêmement complexe.

Chez la femme :

cerveau → hormones → ovaires → follicule → ovulation → corps jaune → progestérone.

Mais parallèlement interviennent :

insuline → thyroïde → alimentation → microbiote → inflammation → stress oxydatif → sommeil → stress.

Et chez l’homme, la qualité des spermatozoïdes dépend elle aussi de nombreux facteurs nutritionnels, hormonaux, métaboliques et environnementaux.

C’est pourquoi une préparation à la conception mérite idéalement d’être pensée plusieurs mois à l’avance et pour les deux partenaires.

Le myo-inositol et le sélénium peuvent avoir leur place dans cette réflexion lorsqu’ils répondent à un besoin identifié.

Mais la question la plus importante reste toujours la même :

de quoi cette personne a-t-elle réellement besoin ?

Observer le cycle, évaluer le terrain métabolique, assurer une alimentation suffisamment nutritive et rechercher les éventuels déséquilibres permet ensuite de choisir les compléments de manière beaucoup plus pertinente.

Cet article est proposé à titre informatif et ne remplace pas un diagnostic ou un traitement médical. Un SOPK, des troubles thyroïdiens, des cycles durablement irréguliers ou des difficultés à concevoir nécessitent une évaluation médicale. Les compléments alimentaires, notamment le sélénium, doivent être utilisés à des doses adaptées et ne doivent pas être pris à fortes doses sans indication.

 
 
 

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